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Affichage des articles du février, 2015

VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT

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  Verba Volant, scripta manent… Bonjour mes amies et mes amis... Je me suis permis de vous fausser compagnie durant quelques jours et quelques nuits... J'en avais gros sur le cœur pour une de ces méchancetés gratuites qu'on subit inévitablement quand on a décidé de vivre dans un village... Je ne pensais pas que ça allait arriver à ma petite famille, mais c'était trop préjuger de la fausse bienveillance paysanne qui retrouve infailliblement son naturel sournois dès qu'elle en a l'occasion... J'ai tout de même fini par prendre le dessus sur mon dégoût et ma colère accentués par mon incompréhension... Et si je n'ai pas usé de mon remède habituel qu'est l'écriture, j'ai quand même profité de cette déconnexion dans tous les sens du terme, pour retrouver mes humeurs passées, à travers mes propres écrits... J’ai noirci des milliers de pages depuis que j’ai compris, pour paraphraser Corneille qui disait qu’ « à raconter ses maux, souvent on les soulag...

MON GRAND PERE QUE JE N'AI PAS CONNU

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  Cette photo, reproduite m'a été ramenée depuis quelques jours par mon fils qui la tient d'un de ses amis qui la tient lui même d'un de ses vieux par ents. Elle représente quelques hommes entourés d'enfants au mausolée de notre saint local: Sidi Gacem Ben Haroun, certainement lors de la zerda rituelle que les tribus effectuaient en hommage à ce saint et pour lui demander d’intercéder auprès du Bon Dieu pour qu'Il nous donne de la pluie. Ce qu'il faisait immédiatement, et on dit que la réponse du Bon Dieu était très rapide puisque les gens revenaient mouillés de la zerda. J'ai raconte tout ça sur d'autres pages. L'objet de la publication de cette partie de la photo est de montrer cet homme au milieu, qu'on distingue assez mal. Cet homme, c'est mon grand-père. C'est la seule photo que j'ai de lui. La photo a été prise en 1939, neuf ans avant sa mort. Il devait avoir moins de 50 ans. Cet homme ne connaissait que La terre, les rêne...

LE QALAM

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  Le Qalam. Bout de roseau taillé en pointe, au canif, avec lequel nous écrivions sur des planches les versets à apprendre. C'était l'école coranique. L'encre était tirée de la laine de mouton à moitie brûlée, elle n'était ni noire, ni bleue, ni rouge mais marron. Elle ne tâchait pas et se diluait sous le bain d'eau argileuse que nous faisions subir a la planche après que le verset eût été transféré vers notre mémoire sous la menace de la falaka... La falaka... Châtiment persuasif qui était rarement appliqué parce que, au delà de la douleur des pieds qui se faisaient flageller, il y avait la honte face à cette punition publique et rares étaient ceux qui revenaient au lendemain du cours sans avoir appris la leçon qu'il fallait réciter devant le cheikh. Psalmodies collectives des enfants assis en tailleur... Le son fluet des gorges d'enfants qu'accompagnait la grosse voix du cheikh qui s'éclipsait par intermittence et le verbe pluriel qui finissait par...