VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT
Verba Volant, scripta manent…
Bonjour mes amies et mes amis... Je me suis permis de vous fausser compagnie durant quelques jours et quelques nuits... J'en avais gros sur le cœur pour une de ces méchancetés gratuites qu'on subit inévitablement quand on a décidé de vivre dans un village... Je ne pensais pas que ça allait arriver à ma petite famille, mais c'était trop préjuger de la fausse bienveillance paysanne qui retrouve infailliblement son naturel sournois dès qu'elle en a l'occasion... J'ai tout de même fini par prendre le dessus sur mon dégoût et ma colère accentués par mon incompréhension... Et si je n'ai pas usé de mon remède habituel qu'est l'écriture, j'ai quand même profité de cette déconnexion dans tous les sens du terme, pour retrouver mes humeurs passées, à travers mes propres écrits...
J’ai noirci des milliers de pages depuis que j’ai compris, pour paraphraser Corneille qui disait qu’ « à raconter ses maux, souvent on les soulage », qu’à écrire ses maux on s’en soulage aussi… J’ai perdu les 9/10e de ces pages… il m’en reste quelques feuillets éparpillés parmi mes livres ou cachés dans mes blogs, sites ou fichiers…
On dit que les paroles s’envolent mais que les écrits restent… Ce n’est pas toujours vrai… Les écrits aussi peuvent s’envoler et se perdre si on ne prend pas soin de les compiler, surtout si on n’a aucune chance de les publier, l’édition étant comme tout le monde le sait, une grosse œuvre mercantile qui ne prend en charge que les écrits qu’elle juge porteurs…de gros sous ou véhiculant les « valeurs » et les principes que veulent promouvoir les éditeurs et non ceux que défendent les auteurs.
Et puis, dans un pays de tradition orale comme le nôtre, il est certain qu’on retient mieux les bourdes à Sellal ou les mots verts de Sidi Saïd que les gros mots de Boukrouh…
En me relisant en diagonale, je me suis tout de même dit que si les mots pouvaient libérer leurs auteurs de leurs maux, ils avaient aussi la faculté de leur en créer…
C’est le Cardinal de Richelieu qui disait qu’il n’avait besoin que de deux lignes de l’écriture d’un homme pour le faire pendre…
Je me suis rendu compte pour ma part que j’avais donné aux croquantes et aux croquants des milliers de raisons de me faire pendre…
Mais je me suis dit aussi que je n’avais pas à faire un autodafé de toute cette « littérature » et qu’il me fallait plutôt la préserver pour que mes descendants sachent au moins, à travers mes écrits, que je fus heureux d’être ce que je fus même si la réussite ne fut pas mon lot, en littérature, en affaires, en politique, en religion, en commerce, en sport, dans les arts ou à la guerre…
Ceci dit, je remercie mes amies et mes amis pour l’inquiétude qu’ils ont manifestée devant ma désertion et les rassure quant à ma capacité à rebondir…
7/2/2016
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