LE QALAM
Le Qalam. Bout de roseau taillé en pointe, au canif, avec lequel nous écrivions sur des planches les versets à apprendre.
C'était l'école coranique.
L'encre était tirée de la laine de mouton à moitie brûlée, elle n'était ni noire, ni bleue, ni rouge mais marron. Elle ne tâchait pas et se diluait sous le bain d'eau argileuse que nous faisions subir a la planche après que le verset eût été transféré vers notre mémoire sous la menace de la falaka...
La falaka... Châtiment persuasif qui était rarement appliqué parce que, au delà de la douleur des pieds qui se faisaient flageller, il y avait la honte face à cette punition publique et rares étaient ceux qui revenaient au lendemain du cours sans avoir appris la leçon qu'il fallait réciter devant le cheikh.
Psalmodies collectives des enfants assis en tailleur...
Le son fluet des gorges d'enfants qu'accompagnait la grosse voix du cheikh qui s'éclipsait par intermittence et le verbe pluriel qui finissait par se faire un, pour envelopper les corps et les esprits dans une symbiose vocale où les cœurs devaient se retrouver à battre a l'unisson...
Réminiscences de ces temps révolus ou nous devions faire avec le peu que nous possédions pour conserver ce dont nous avions hérité...
Visite non programmée dans les galeries poussiéreuses du souvenir.
Sbah el Khir et que votre journée soit belle et joyeuse !
6/2/2015
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