THÉRAPIE BON MARCHE DE LA DOULEUR...

 THÉRAPIE BON MARCHE DE LA DOULEUR...

Le 21 septembre 2016, j'ai eu un accès de douloureuses coliques néphrétiques qui me valurent d'être évacué de bon matin par mes enfants vers les urgences de l'hôpital le plus proche... Je vous avais raconté alors comment j'avais utilisé les gémissements comme antalgiques en attendant l'injection de ma dose d'antispasmodiques...


Je vous donne à relire ma petit expérience en espérant que vous trouverez intérêt au cas où il vous arrivait ce qui m'est arrivé, sans vous le souhaiter bien sûr !
Les gémissements, je le sais et vous le savez aussi, ne réduisent pas les douleurs mais ils permettent au malade de se concentrer un peu sur ce qu'il dit pour les oublier car s'il n'en détournait pas son attention, il en démultiplierait l'intensité; et l'énergie accumulée pourrait alors sortir en sueur, se transformer en crampes ou lui exorbiter les yeux...
Oui, mais que dire quand les accès douloureux montent de vos reins et que vous n'avez nulle possibilité de trouver une position orthopédique pour les atténuer ?
C'est à ce jeu que je me suis laissé prendre ce matin... Sans le vouloir et au plus fort de ma crise, j'ai commencé, pour me distraire de ces douleurs, à m'entendre gémir et à essayer de moduler mes gémissements...
Le plus simple pour un homme, c'est d'invoquer Dieu en litanie bien sûr parce que c'est par la litanie qu'on se met toujours en condition en toutes circonstances où on doit user d'auto-suggestion... "ya Rabbi... ya Rabbi"... invoquer Dieu ou requérir son pardon: " Astaghfirou Allah... Astaghfirou Allah !"... ou faire sa profession de foi: "la Ilaha Illa Allah... la Ilaha Illa Allah !"... c'est une pratique usitée même par les athées qui, tout le monde le sait, ne sont athées que quand ils se trouvent loin de tout danger et n'éprouvent aucune douleur...
Ayant épuisé ce répertoire car la distance jusqu'à l'hôpital est assez longue, j'en ai abordé un autre... celui de me rappeler et donc de transcender l'intensité de ma douleur en décrivant mon ressenti: "ça fait maaaaaal.... ça fait maaaaaaal !"...
Mais ce n'est pas très efficace comme antidouleur, et puis, ça paraît parfois assez loufoque aux accompagnateurs, ce bêlement: "maaaaaal.... maaaaaaal" et ça peut paraître peu sérieux même à celui qui le profère...
Je me suis dit alors entre deux spasmes que j'avais tout intérêt à revenir à ces gémissements d'enfants dans lesquels on fait appel à ses géniteurs... "ababa baba !... ababa baba !" ou mieux encore: "ayemma yemma !... ayemma yemma !"... Je m'y suis laissé aller pendant une bonne partie de la route...
Mais au cours d'un moment de lucidité, j'ai brusquement arrêté mes lamentations et, j'ai eu cette réflexion de froid réalisme, à haute voix: "wach teqder eddirli Yemma meskina !" (Que peut donc pour moi ma pauvre Mère)...
Ma femme et mes filles qui m'accompagnaient, interloquées par cette réflexion incongrue surgie d'entre les gémissements me regardèrent et, en dépit de la situation très difficile, partirent d'un petit rire...
Vous aussi, mesdames et messieurs qui aurez à subir ces douleurs physiques, je vous recommande de gémir car ça vous distraira de votre mal, et de vous concentrer sur vos délires... ça vous aidera à vous déconcentrer de votre douleur... mais ne criez pas trop fort sinon vous ne vous prendrez pas, et on ne vous prendra pas au sérieux...

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