AIN BESSEM, UNE VILLE ET DES SOUVENIRS

Ain Bessem... Personne n'a pu me dire ce que fut ce Bessem à qui on a donné un nom de source pour composer un nom de ville située dans le prolongement de Ain El Hadjar et Ain Laloui, avant Bir Ghebalou...


La région ne devait, à l'évidence, posséder aucune curiosité naturelle pour que ses villages aient tous des noms à étancher la soif...
C'est dans cette ville que j'ai fait mes premiers pas de gestionnaire en qualité de directeur d'une usine de carrelage...
Cela ne dura pas longtemps... J'y étais venu en été 1980 et nous étions en 1981, précisément en mars quand je fus rappelé par la DG au siège de l'Entreprise... le Wali de l'époque, Monsieur Ali Assoul, que j'avais rencontré 10 ans plus tôt alors qu'il était chef de Daira à Bou Saada où j' avais effectué mon volontariat estudiantin estival au profit de la Révolution Agraire avait imposé à notre vaillant directeur général de me trouver un autre poste car "le parti" me jugeait indésirable...
J'étais taxé de "mouchawech" (perturbateur), une étiquette tenace qui m'a valu d'être banni sans rémission du parti unique et le fédéral du Parti avait mis en garde ses kasma contre ce "barbu" subversif qui était en relation avec un "parti" hollandais...
A ce jour, je ne sais même pas ce qu'on me reprochait réellement hormis mon franc-parler...
Notre DG fit de la résistance mais il eut la sagesse et surtout le courage de ne pas me licencier et c'est lui qui fut remercié...

En dépit du peu de temps que j'ai passé dans cette ville que je connaissais et aimais beaucoup pour son caractère de gros bourg, pour ses arcades et pour son climat, je ne me suis fait que des amis parmi ses habitants pour leur sympathie, leur jovialité et leur générosité et quand il m'arrive d'y repasser maintenant, c'est toujours avec grand plaisir que je retrouve ses rues, sa place, sa mosquée, son marché, son vendeur de zlabya et ses "gutturalités"... et très souvent, en y descendant pour acheter quelques fruits ou légumes, un poulet ou un article de quincaillerie, malgré les effets de l'âge sur ma physionomie, je sens une tape sur l'épaule et en me retournant, je vois la face souriante d'une ancienne connaissance marquer sa joyeuse surprise de me revoir par un "ya Tell hadha n'ta ?".. 

28/4/2016

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