FIN D'UNE EPOQUE

 J'ai servi l'économie de mon pays durant 37 ans... J'ai géré directement ou indirectement des unités industrielles de production de carrelage, grillage, sables et graviers, agglomérés béton, menuiserie, briques, mobilier scolaire, mousse polyuréthane...

J'ai exercé dans l'entreprise publique, la société de salariés, l'établissement privé...
J'ai toujours eu dans ma ligne de visée l'intérêt du pays, de l'entreprise et de ses salariés...
Aujourd'hui que je jouis enfin de ma retraite, en faisant un peu la rétrospective de ma vie laborieuse, je me rends compte que mes responsables quand j'opérais dans le public, élus ou administratifs n'ont jamais eu le souci de la performance car ce n'est pas des profits qu'engrangeait l'entreprise qu'ils tiraient leurs revenus... Ce qui les intéressait c'était juste le "climat social" afin qu'ils puissent passer leurs mandats en toute tranquillité... Je me rends compte que mes associés salariés n'avaient qu'un seul souci: leur pécule mensuel et le bénéfice annuel qui leur était versé... Je me rends compte que mes employeurs privés ne considéraient l'efficacité de la gestion ni dans sa rationalité, ni dans sa légalité, ni dans son organisation mais juste dans le chiffre d'affaires et la marge enregistrée...
Je pensais pour ma part que l'entreprise était une entité qui devait assurer au maximum sa longévité et son expansion et que le résultat n'était qu'un indicateur et non une fin en soi...
Tout à l'heure j'ai décidé de rompre définitivement avec ce passé qui m'a apporté beaucoup de satisfactions devant tous les challenges que j'ai remportés en restant viscéralement honnête avec moi même et avec les autres mais qui m'a coûté beaucoup d'incompréhensions, de déceptions et de frustrations...
J"ai donc fouillé mes étagères et mes tiroirs et rassemblé tous les documents élaborés par mes soins: études, rapports, états... puis j'y ai mis le feu pour mettre un point final à cette aventure qui ne m'a pas enrichi matériellement mais à laquelle je me suis consacré entièrement, au point d'oublier parfois que ma personne et ma famille avaient aussi des droits sur moi...

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