SOUVENIRS...

Dans cet endroit désolé où cet arbre décharné crie sa douleur et sa solitude face au ciel impavide, ici, dans ces mauvaises herbes brûlées, toute une vie palpitait...
Ici, il y'avait un îlot de maisons en toub où nous vivions au contact étroit de la nature... Notre eau, nous la ramenions au besoin, d'une source fraîche sous les proches eucalyptus... un point d'eau sous un églantier et qui n'était canalisé par aucune conduite en ciment ou en acier ou en plastique...
L'eau coulait sans discontinuer et seule une petite mare permettait de stocker de quoi remplir quelques seaux après avoir dérangé les nèpes qui faisaient de l"hydroglissage" sur la surface de l'eau, les crabes qui profitaient d'une flaque de soleil qui s'était insinuée entre les branchages pour se poser sur une pierre à demi immergée, les fourmilions aux couleurs chatoyantes qui faisaient les hélicoptères et la grande guêpe en cache poussière noir qu'on appelait Ali el bennaï (Ali le maçon) et qui faisait provision d'argile humide pour aller construire son nid sous nos toits en tuile...
Cette corvée d'eau n'en était pas une pour toute cette féerie qui entourait la source... le gazouillis infernal des moineaux sur les eucalyptus ou le crissement lancinant des cigales... le braiment de l'âne qui refusait au plus fort de la canicule l'ombre fraîche des feuillages et semblait faire pénitence, stoïque sous un soleil de plomb...
En passant par ces lieux, je ne peux m'empêcher de revivre ces années de ma prime jeunesse durant lesquelles je faisais chaque jour, dans un émerveillement indescriptible, mes découvertes les plus captivantes de cette nature qui frétille sous nos pieds et que nous ignorons, passant à côté de spectacles et de sensations dont nous ne pouvons imaginer la splendeur et l'intensité...
30/8/2013
30/8/2013
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