MA TERRE

Mohamed Adjou
15 août 2014

H'lala, 19h 21.
Massif montagneux que les "indigènes" ont dû dompter pour pouvoir survivre.
C'est en ces montagnes que je suis né.

L’image contient peut-être : ciel, arbre, montagne, plein air et natureLa vieille battisse en toub a bien sûr été détruite quand il avait fallu descendre au camp de regroupement en 1957 ou 1958 afin que les maquisards qui se trouvaient "comme des poissons dans l'eau" soient asphyxiés.
Ces terres reprennent goût à la vie depuis quelques années, après avoir été le théâtre d'une grosse subversion et même aujourd'hui, on m'aurait dit que j’étais fou de m'y aventurer à une heure si indue...
le silence est maître des lieux en ces lieux... même les aboiements des chiens des villages en contrebas ne parviennent pas à ces hauteurs.
Ici, quelqu'un a eu l'idée de construire cet observatoire qui domine toute la région...
Dans les profondeurs de la montagnes, derrière les collines, mon grand-père maternel possédait un lopin de terre... il y'avait construit maison et c'est là que ma mère est née et a vécu sa prime jeunesse...
C'est là qu'elle a perdu un frère qui s'était tué par mégarde avec son propre fusil dont la détente s'était accrochée à une branche de figuier...
c'est là que son père qui avait la main verte comme tout Djaadi qui se respecte entretenait un jardin des délices...
ma défunte mère nous parlait avec une nostalgie sans bornes des pommes, des raisins et des grenades qu'il cueillait, des melons qu'il enterrait au fur et à mesure qu'ils grossissaient et des fraises qu'il était le seul à planter mais aussi des tomates et piments qu'il arrosait d'eau de source et dont elle affirmait n'avoir plus jamais retrouvé le gout...


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