BRIBES DE VIE ANTERIEURE

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C'est en ces espaces que j'ai passé les premières années de mon existence.
Nous y habitions une maison en terre, d'une seule pièce, avec un toit en tuiles...
Ma mère faisait la cuisine dans un auvent...
Nous dormions sur des nattes de halfa ou de doum et une seule lourde couverture de laine, tissée main nous recouvrait; l'eau, nous la ramenions d'un puits à 100 m en contrebas; pour les toilettes on se débrouillait comme on pouvait.
Nous nous éclairions à la lampe à pétrole ou à la bougie.
Nous mangions de ce que produisait un jardin qu'entretenait mon oncle maternel et de ce que ramenait mon père du marché hebdomadaire qui se tenait chaque lundi mais aussi de la viande que mon père devait obligatoirement acheter, par solidarité, quand un ovin ou un bovin se faisait écraser par le train qui passait de l'autre côté de la rivière.
Nous devions faire chaque jour 4 km par les sentiers boueux pour arriver à l'école... nous prenions dans nos cartables le morceau de galette de notre déjeuner.
Aucune description de photo disponible.Notre maison était un lieu de passage pour les maquisards, mon père était lui-même agent de liaison et c'est devant ses enfants qu'il fut un jour embarqué à l'aube avec l'aîné de mes frères, âgé à peine de 13 ans. Ma mère passa 3 jours et 3 nuits à pleurer... Elle criait comme une bête blessée...
Une patrouille de harkis passa, conduite par un des plus fieffés collaborateurs de la région qui se fit un plaisir sadique à torturer ma mère en la menaçant de ne jamais revoir son mari et son fils... Cet triste sire a laissé un petit-fils qui m'a imposé et m'impose encore une véritable galère en sa qualité d'auxiliaire de justice...
Ma mère est morte en sachant cela...
Un jour on découvrit à peine à 400 m de notre maison un abri de maquisards, une sorte de terrier... nous vîmes toute la scène... les maquisards qui sortaient et couraient dans les ronces, les soldats français qui les canardaient; sur les trois ou quatre occupants un seul fut tué mais dans les jours qui suivirent, convaincus de notre complicité avec ces maquisards, on vint nous dire de quitter les lieux...
Ce fut terrible, ce déménagement forcé... nous allâmes avec mes oncles qui habitaient un peu plus loin nous installer dans un grand garage, chacun prenant un coin... puis nous construisîmes des maisons en toub au village et nous nous y installâmes...
J'avais un grand chat blanc avec quelques tâches noires, je l'appelais "Aissa", c'était un ami avec lequel je m'entendais très bien... Je l'ai caché dans un tonneau et j'ai réussi à l'emmener avec moi...
Quand quelques mois plus tard nous revînmes en charrette ramener les tuiles de notre vieille maison (trop petit, je faisais partie de l'équipée juste pour la promenade), nous y découvrîmes, le squelette d'un grand serpent; je n'en ai jamais vu de cette taille... une patrouille de l'armée française l'avait tué...
Apprenant cela, ma mère nous dit tristement:"c'est 3assas Eddar (le gardien du foyer), nous ne remettrons jamais les pieds dans cette maison"...
Plus d'un demi-siècle a passé... Il ne reste plus rien de la maison; même pas des traces de murs...
Ma mère avait vu juste.
Comme toujours !








2015

  • Zohra Chelfia ouffff!!! pour l'instant je ne trouve rien à dire , je viens de terminer la lecture, c'est juste une explosion d'émotions ...
  • Danielle Serralta Tout comme Zohra, l'émotion me coupe la parole. Petit Moh si tendre, ta maman à cœur et à cris ouverts...Je suis si contente de te connaître... Merci de partager,Moh !

  • Lotfi Ramdani sublime ^_^ c'est le seul mot que je trouve, merci bcp
  • Amber Selena oui, merci de nous relater votre enfance, la partie la plus précieuse d une vie. merci de nous faire partager vos connaissances, d'autant plus que vous avez un style tres attachant et tres passionnant.
  • Zohra Chelfia Séquence émotion Séléna Big Bisou toi :)
  • Amber Selena bisou aussi. je t ai raté, dommage



2017
Commentaires
  • Addi Halim Merci beaucoup Mohamed Adjou pour ce très joli texte....

  • Ait Amara Houssine Un texte magnifique Merci si Mohamed Adjou. enharek mebrouk.

  • Fatiha Bensemane Oui un magnifique texte! Avec du cœur et de l'âme. Et de la tendresse. Le reste -tout le reste- est tout à votre honneur.

  • Fatiha Bensemane Me permettez-vous de le partager?

  • Aziz Sid bonjour , voila monsieur mohamed une description de notre situation dans l'algerie colonisée permettez moi de piquer ...parfois je trouve des photos de villes que des algeriens "regrettent"

  • Rachid Bouderbala Merci Si Mohamed ce texte m a fait redécouvrir mon enfance que je n ai d ailleurs jamais oublié ( C est la grande partie de ma personnalité ) et les atrocités que la France nous a fait enduré . Et dire que de nos jours , ils y a encore des nostalgiques de de ce maudit pays .

  • Zoubida Berrached Très beau texte qui nous fait connaître une infime partie de notre histoire qui en dit long sur la guerre d Algérie

  • Zoubida Berrached Je n'ai rien connue de tout ça mais j'ai vue de mes yeux mon père remettre des armes à un homme qui était de la famille partir dans la nuit

  • Abderrachid Beggar-b pas de frontières
  • Menouar Meslem Ya3tik saha 3ami mouh vous m avez fais revivre la scène comme si vous parliez de moi malgré la petite différence d'âge je vous assure qu' on dirait que vous avez écrit exactement ce que j ai vécu. Moi aussi j'ai perdu mon grand frère et mon pere qui n'ont même pas de tombes ou on peut les visiter et lire la Fatiha en leur honneur
    Vous avez remué le couteau dans une grande plaie almouhim Allah yarhamhoum et merci de ce récit exemplaire 3ami mouh

  • Dalila Aklil Quelle triste période ... magnifiquement contée . Merci mohamed de ton 💜beau talent de conteur

  • Regina Regina Bonjour,Mer Adjou. C'est très émouvant et j'aimerai partager votre récit pour que mes filles puisse le lire. Merci.

  • Rafea Boukemia Vous avez décrit,a des détails près , mon enfance jusqu'à en 1959 ,merci

  • Nadia Afnoukh Hamdoulah, ta mère est fière de toi ! ...tu es un Grand homme ....


2019
Commentaires
  • Djillali Brahimi Un historique semblable a une très grande partie des algériens avec ses misères surtout
  • Amel Benabderrahmane Par contre être persécuté par le petit fils d'un harki qui a déjà fait des misères aux parents, c'est plus rare. Même dans un film il se serait produit un retournement de situation. Quand on dit que la réalité dépasse la fiction....
    As-tu eu des nouvelles de tes père et frère ?

    • Mohamed Adjou mon frère a été relâché après 3 jours... mon père a subi les pires tortures durant quelques mois... il a été libéré comme une loque de la prison de Tizi d'où il sortit avec une pneumonie et une incapacité à procréer due à la dynamo placée sur les organes reproducteurs, prison dans laquelle il côtoya le Chahid Dermouche, pere de notre ami Messaoud Dermouche et l'ex ministre de Ben Bella, le dellycien Abderrahmane Benhamida que Dieu aient leurs âmes tous les trois... je ne citerai pas le nom du tortionnaire algérien qui opérait dans cette prison...
    • Ghazlaoui Houaria Mohamed Adjou C’est ce tortionnaire qui doit être cité..pourquoi le ménager ?
    • Messaoud Dermouche Mohamed Adjou petite correction M Adjou: il s'agit du Chahid Said Dermouche.

    • Mohamed Adjou Ghazlaoui Houaria j'ai mes raisons...
  • Samia Benidir Merci pour ce récit de ta jeunesse..... ça nous ramène a la réalité de cette époque.... je suppose que cette situation t’a motivé a étudier et réussir...

  • Kamal Kheffache Voilà une histoire vraie

  • Zahia Zahou Benabid Un beau récit , la vie était triste à cette époque en même temps un défi pour chaque autochtone en quête de liberté et de dignité

  • Ouda Benslimane Très beau recit même s'il est triste. Mes respects et mes hommages aux chouhadas et aux moudjahidines. Allah yareham waledeyek.

  • Zineddine Lachhab Rebi yerham waldik gloire à nos martyrs .tu sais khouya Moh un héritage lourd et triste mais plein d'honneur

  • Fatiha Bensemane Merveilleux et émouvant! Ce texte me fait toujours le même effet.

  • Mohamed Slimani Bravo pour ce récit et pour ces détails.
    C' est cette vie dure qui à fait de vous ce que vs êtes aujourd'hui Si Mohammed , un grand homme et un Grand patriote .

  • Lhadi Silhadi merci,vous avez fait renaître des souvenirs,qui font que nos racines sont solide!.vous n'avez rien perdu,le fils de harki demeure le fils de harki même s'il devient président,vous êtes et vous demeurerez un homme de convictions.Allah yerham cette femme qui vous a donné vie!..nous avons toujours cru à 3assas dar que nsous n'oublions pas lors des 3wachir!

  • Farah Bennedjai Histoire très émouvante à nous faire perdre les mots... j'ai juste à vous dire, bravo pour ce que vous êtes devenu malgré l'effroyable et horrible vie que vous avez eu. J'espère seulement que tout ça est derrière vous... dans le sens où, ça reste un passé pas trop douloureux
  • Mohand Said Amrouche Émouvant récit d'un enfant de la guerre, comme moi.

  • Mustapha Chafi Quel récit , c'est une page d'histoire de la vie des algériens durant la colonisation très touchante, à lire et à relire par les nouvelles générations qui rêvent d'aller en France et merci pour ta modestie .

  • Khaled Ramoul Merci pour ce témoignage. Et dire que maintenant, des révisionnistes nous disent qu'avant c'était mieux.
    • Mohamed Adjou ils n'ont pas connu les poux et les puces des planchers et des murs en terre... ils n'ont pas connu les chemins de boue... ils n'ont pas connu les pantalons rapiécés... ils n'ont pas connu la bougie qui éclaire toute une maisonnée... ils n'ont pas connu les hordes sauvages des soldats français et de leurs supplétifs... ils n'ont pas connu la terreur et l'impuissance qu'on lit dans les yeux des pères et des mères...

    • Seddik Bentahar Oui mais tous ceux qui n'ont pas connu tout ça sont-ils capables de comprendre ce que nous avons vécu ? Sont-ils capables d'en tirer les leçons nécessaires ?...
      Bien à toi si Mohamed.

    • Grindayzal Damby Seddik Bentahar C'est pour ça il faut toujours raconter et le répéter aux jeunes à les y faire sentir vivre l'histoire. C'est très important !
  • Yac Adjoudj Mohamed Adjou Merci . Allah yerhamhoum el hadja et el hadj. Ain El Bor; j’y suis passé l’été dernier je me suis arrêté pour montrer à mes enfants où était né leur grand père et surtout ses aires de jeu..

    • Mohamed Adjou tu veux dire les "aires de battage": Ennader el fougani et ennader el tah'tani...Il n'en reste rien... la source des eucalyptus, Trig el ghabbar, Ain El Djen'ba...
    • Yac Adjoudj Oui exactement, j’ai montré juste ce qui semble être ou ces espaces . J’ai expliqué comment leur grand père et ses neveux traversaient des sentiers pour aller à l’école, qu’ils n’avaient pas de transport, ni quoi manger et surtout pas libres. Il n y avait pas de téléphone pour appeler quand la rivière est en crue ..donc ils se débrouillaient et que les enfants de l’époque étaient responsables avant l’âge ..
    • Mohamed Adjou RY Adjoudj  Oui Yacine, ces lieux sont magiques et on s'y ressource en les parcourant.

  • Slimane Bouhali Merci pour cet émouvant partage qui rappelle la répression aveugle de la population civile et la torture, devriez sans doute écrire vos souvenirs précieux et cadeau pour la famille, amis, pays et même le monde entier. A travers vos aperçus La vie d'autres personnes pourrait en être enrichie.
  • Warda Lys J arrive pas a croire..que tu aies eu une enfance dure et triste ...respects pour ce que tu es devenu malgré cette pauvreté...et toutes ces privations

    • Mohamed Adjou Ce fut une vie très intense et qui ne manquait pas de plaisirs et de bonheur car nous avions deux choses essentielles: l'amour familial et la symbiose avec la nature...

    • Faiza Sed Je trouve pas du tout ce récit triste et décrivant que la misère , bien au contraire mon ressenti est qu'il est intense, plein de vie et certainement de petits bonheurs indescriptibles, c'est dans la simplicité et la modestie qu on reconnait la valeur des choses et des hommes et ce vécu riche et émouvant construit tt un imaginaire et une vie..merci pour ce très beau partage..c'est décrit avec talent en plus


  • Zina Ayedi
    المجد والخلود لشرفاء الجزائر🌹🌹🌹 وانت منهم سي محمدبرشا تقدير وحب
  • Mourad Chourar Extrêmement émouvant

  • Mourad Chourar Le plus triste dans tout ça ,je retiens le petit rejeton du goumi...toujours là.
  • Chérif Benabid Ah ces bienfaits de la colonisation !
  • Aissa Hamani
    قصتي أنا أيضا يعطيك الصحة
  • Lydia Larbi Magnifique récit.
    J'en est la chair de poule.
  • Fatiha Bensemane Je pensais que "nader" se rapportait
    • Mohamed Adjou Le "Nader" c'est aussi bien la meule de foin ou de blé que l'aire de battage (la fameuse "tah'tah'a)...
    • Fatiha Bensemane Je voulais dire la meule pour le tas...
    • Fatiha Bensemane Chaume ou foin.
    • Mohamed Adjou Fatiha Bensemane le foin n'est pas mis en meule... il est bottelé et protégé dans un endroit couvert... c'est la paille qu'on met en meule (on peut aussi la mettre en bottes)
    • Fatiha Bensemane C'est vrai.
    • Fatiha Bensemane Il est vrai que je m'y perds un peu... en neder, tben, bot, 3alf ,guetta...
    • Boudjemâ Lamri Mohamed Adjou il était toujours utile de couvrir le nader avec un mélange de paille et une variété d'argile (bayadha ) qui devient étanche pour le mettre la paille à l'abri des intempéries pendant l'hiver.
    • Fatiha Bensemane Boudjemâ Lamri el bayadha ce n'est pas le kaolin? Merci pour ce précieux renseignement
    • Mohamed Adjou je sais pour ma part qu'on ramenait "el bayadha" des hauteurs de Ben Haroun... juste en dessous d'EL FASMA (le défoncement) endroit où la montagne a été "défoncée) en V juste au dessus de "Kef el h'mam"... on la transportait à dos d'âne jusqu'à la plaine où nous habitions (3 à 5 km plus bas) pour badigeonner de blanc les murs des maisons... je pense que c'est tout simplement du calcaire...
    • Boudjemâ Lamri Fatiha Bensemane non le kaolin pour fabriquer la porcelaine.
      La bayyadha C du calaire ou marne blanche surtout pour badigeonner nos maisons en toub et leurs éclats comme la chaux comme l'a dit MohamedAdjou
    • Fatiha Bensemane Boudjemâ Lamri oui je connais el bayyadha. Elle donnait une blancheur éclatante... ma mère me disait que toute petite elle avait plaisir à "manger" el bayyadha de la maison en terre d'une voisine... elle devait gratter les murs, je suppose... elle n'est malheureusement plus là pour me le dire

    • Boudjemâ Lamri Fatiha Bensemane oui c'est ça : de la chaux gratis 😊
    • Leila Preure Mohamed Adjou vous me faites rappeler ma grand mère qui disait a son fils (mon oncle ) 3lach rak ga3ed ki ennader 😂 maintenant je sais ce que ça veut dire 😂😂😂

    • Fatiha Bensemane Leila Preure 😂les Français parlent de "potiche" et "d'empoté", je trouve que "ennader" est mieux, surtout si la personne traitée de tel est corpulente...

    • Mohamed Belkadi Mohamed Adjou Ne pas oublier que les gens habitaient en montagne ou dans des coins inaccessibles aux machines agricoles.
  • Fatiha Bensemane Je n'avais pas fini ma phrase : au tas de chaume...
    • Mohamed Adjou la meule de blé en gerbes s'appelle "taffa"... le tas de paille au dos rond s'appelle "nader"... l'aire en terre battue sur laquelle se fait le battage s'appelle aussi "nader" pour signifier que c'est là que se trouve le tas de paille pour l'année... tas de paille qu'on protège de la pluie et du vent par de la terre glaise qu'on étale et lisse afin que l'eau s'y écoule sans pénétrer la paille... la forme arrondie procure un "aérodynamisme" qui empêche le vent d'avoir prise et de culbuter la meule.

    • Fatiha Bensemane Mohamed Adjou merci beaucoup pour ces précieux enseignements. Si vous n’étiez pas si loin, j'aurais fait mon fils se rapprocher de vous. Il en aurait été enchanté et profondement reconnaissant...
    • Fatiha Bensemane Mohamed Adjou c'est donc en référence à ce 2eme sens de nader que l'on parle de "sallahat enwader"...
    • Mohamed Adjou Fatiha Bensemane oui... les premières pluies d'automne sont appelées Salahat Ennouader.... Celles de l'été sont appelées "Ennou nta3 eddress" et on leur prête de grandes vertus puisqu'elles soignent fièvres et meurtrissures... Les mères envoient leurs enfants danser sous cette pluie en chantant: "ya ennou nta3 eddress... eguell3ili el h'emma ou ettah'rass" (Ô pluie des battages, guéris moi de la fièvre et des meurtrissures"
    • Fatiha Bensemane Mohamed Adjou je ne connaissais pas. Merci ++.
  • Fatiha Bensemane Mais pas à l'aire de battage (des épis?)
  • Nadjah Ould-Lamara Quel poignant témoignage de ce que fut la réalité de la guerre de libération. l'Algérie a été malmenée,pis encore, son cauchemar n'a pas pris fin.
  • Younes De Maraval Mon respect monsieur.
  • Warda Khemchane Récit très émouvant
    Le plus marquant est le petit fils harki qui continue à sévir dans la droite lignée de son aïeul
  • Saadi Smail C’était misérable et d'une extrême pauvreté mais les gens étaient heureux ... Une pauvreté saine ...écologique en plus , je dirais ,les gens ne se droguaient pas ,ne buvaient pas ....Je préfère ça à la misère qui sévît de nos jours dans les faubourgs populeux de nos cités .

    • Mohamed Adjou le plus intéressant dans ces vieilles constructions, c'est la gestion du déchet... Les toilettes étaient en plein air et leur évacuation se faisait par séchage au soleil ou lessivage par les eaux de pluie... les déchets des denrées alimentaires étaient transformés en protéines par les poules, lapins et autres animaux de basse-cour ou en force de travail par les ânes et les mulets... chaque îlot de maisons avait sa petite décharge où se compostaient les déchets qui étaient ensuite répandus dans les jardins ou les champs pour servir de fertilisants... les branchages résultant des tailles et élagages étaient entreposés en fagots pour servir de bois de chauffage ou de cuisson...
    • Saadi Smail Mohamed Adjou ...Tout à fait ...l'avantage c'est qu'ils n’étaient pas trop nombreux ...Ils vivaient en parfait équilibre démographique...Les femmes mettaient au monde beaucoup d'enfants (En moyenne 6 chacune ) mais la plupart de ces enfants mourraient en bas age à cause des maladies infectieuses comme la rougeole ,la rubéole ,la coqueluche etc...

  • Ulysse Pandora Pour moi c'était le luxe alors, des constructions en terre R+1 avec des ruelles 1m de large juste de quoi faire circuler un âne chargé d'un sac de semoule 🤔
  • Djamel Zerrouk Mohamed Adjou encore quelques pages et vous aurez pondu un livre témoignant d'une époque si importante de notre histoire. Continuez sur cette voie cher ami. Allez courage !!!!
  • Abdelouahab Tadrent Le fameux collabo n'a pas d'autres p'tits fils dans le gouvernement aissaba
  • Boudjemâ Lamri Je me souviens surtout de cette foutue lampe qui s'éteint toute seule par manque de pétrole ou de tissu .
    Le matin en se levant ma mère insistait de laver nos narines enduites d'une couche de suie et un petit contrôle avant de sortir .
    Je n'allait pas à l'école ,je la fuyais mais je regardais en me cachant dans un buisson les garçons avec leur culottes courtes jouer dans un terrain près de chez nous.
  • Saadi Smail Dans ma région l'épis se nomme " Tassboult ''...Une gerbe d'épis (Adhegh )...Les Adhghen assemblés forme "aqettoun" ... Plusieurs aqettounen forme "abghil" et enfin quand on rassemble tous les Abghil qu'on ramène des champs et qu'on dépose à proximité de l'aire de battage ça forme un grand tas en forme de tour qui s'appelle "Taffa" ....L’ivraie s'appelle akerfa...la paille se dit "alim" ...la meule de paille qu'on recouvre d'une sorte de chaume (idless) s'appelle "Damouss " ....

    • Mohamed Adjou Nous on appelle l'épi "s'boula" pluriel "s'boul"... la gerbe qu'on moissonne à la main: "gab'dha" ou "chawwata" (plur: chawwat)... celle que pond la moissonneuse: "guetta" (plur. gu'tet)... le tas de gu'tet, c'est le nader... le grand tas qui attend le battage c'est la "taffa"... la paille "tben", l'ivraie: karfa... l'acte de moissonner: "h'çad"... l'acte de battre le blé: "d'ress"... je pense que le tas de paille s'appelle aussi "damouss" mais on dit plutôt "nader nta3 ettben" ou plus simplement "nader"... la moissonneuse c'est "el machina nta3 el h'çad"... la batteuse c'est "el machina nta3 eddress" et la botteleuse... "bottloza"... le verbe vanner le blé ou l'orge: "dherri" de dhourra (petite particule, atome)...
    • Saadi Smail Mohamed Adjou Et le glanage kiffech tsmiouh chez vous ?
    • Houria Zohra Saadi Smail el lgat je pense

    • Houria Zohra Mohamed Adjou la paille ce n'est pas "sfae"?
    • Mohamed Adjou Saadi Smail glaner les épis laissés par la moissonneuse est tout simplement appelé : "talgat"...du verbe "laggat" = ramasser (notez que chez nous le "Q" algérois se prononçait "G"... le snobisme a fait que nous perdons chaque jour un pan de cette belle gutturalité...

    • Mohamed Adjou Essfa ce n'est pas la paille (t'ben), c'est la barbe de l'épi. Un brin s'appelle "s'faya" plur. s'fa

    • Houria Zohra Mohamed Adjou Tout un vocabulaire qui reflue,merci 🙂

    • Akli Oumouhand Yaa3tik essaha Si Adjou...pour ce retour au temps de l'innocence...

    • Saadi Smail La barbe de l'épis on l'appelle Thizzith ...je crois .

    • Mohamed Adjou Houria Zohra le blé c'est bien sûr "el guemh'", "ezzra3" et marque de grand respect: "enne3ma" (la bénédiction)... la quantité qu'on ensile dans les "koufi" et qui doit tenir l'année, que ce soit en blé, orge, pois chiches, figues sèches etc c'est: "el 3aoula"... On notera que les termes d'est en ouest et du nord au sud du pays se rapprochent ou sont équivalents...

    • Saadi Smail Mohamed Adjou kif kif pour "enne3ama '' ,'' akoufi ''...'el 3ouella '' mais pour le blé on dit "Irden '' ...pour les orges on dit ''Timzzinn ''

    • Saadi Smail La farine d'orge s'appelle arren n temzzin
    • Mohamed Adjou Il y'a toute une terminologie paysanne qu'il faut sauvegarder car c'est une richesse qu'il serait malheureux de perdre... et si ça se perd ce sera irrémédiable surtout pour la darja (pour le kabyle il y'a un effort méritoire de sauvegarde)... L'orge est appelé "ch3ir"... la semoule d'orge s'appelle "harchaya"... le "maghlouth" est un mélange de semoule d'orge et de blé dur... on en fait du couscous rouge que certains appellent "berbouch" ou berboucha...

    • Boudjemâ Lamri Mohamed Adjou chawatta ou ghmor pour les fellah et guetta quand on la ficéle mécaniquement ou manuellement

    • Houria Zohra Mohamed Adjou Dans la région de Mosta,le silo c'est el matmoura
    • Mohamed Adjou Houria Zohra el matmoura c'est le silo sous-terrain... Le koufi c'est un silo en terre à gros ventre qu'on pose sur le "k'dar" de la maison et dans lequel on stocke les céréales, le pois chiches, les fèves ou les figues...

    • Boudjemâ Lamri N'oublie pas ses soeurs :la koufiya et la tabriya😊

    • Houria Zohra Mohamed Adjou quelle honte!😜
    • Ines Hamid Saadi Smail avez connu elmezamna? Une sorte de galette à base d'orge

    • Mohamed Adjou Boudjemâ Lamri femme du village confectionnant des koufis et des koufiyettes du côté de Zebboudj Djemaa en mars 1957
    • Mohamed Adjou Autre document exceptionnel: une des premières photos couleurs du village montrant une femme en train de confectionner les kouafas et koufiyettes... On reconnait au loin les monts de Dra El Mizan et juste en bas de la scène les oliviers de Moukdiya... la scène doit se dérouler exactement là où tu habites maintenant... Tu pourrais demander aux amis d'identifier cette femme... la scène se passe en mars 1957.
      L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, ciel, plein air et nature

    • Ines Hamid Mohamed Adjou l'aire de battage ettarha?

    • Mohamed Adjou Ines Hamid possible... je ne connais pas le terme.

    • Boudjemâ Lamri Ines Hamid dans notre région attarha :l'aire de séchage des figues et les amandes.
      Nader : battage du blé et l'orge, lentilles

    • Saadi Smail Boudjemâ Lamri donc Ennader c'est le battage (asserweth) ?

    • Saadi Smail Mohamed Adjou l'aire de battage c'est Annar en kabyle ...Inourar au pluriel .

    • Boudjemâ Lamri Saadi Smail Adrass , c'est le battage.

    • Saadi Smail Boudjemâ Lamri c'est  quoi alors le Nader
    • Boudjemâ Lamri Saadi Smail nader c'est  l'aire du battage

    • Mohamed Adjou Saadi Smail nous avons un mot qui se rapproche vaguement: "nira"... Mais il veut dire ligne d'attaque des moissonneurs...

    • Benmehidi Sami Nous autres du côté de Chelghoum :
      Berboucha, c'est le couscous. Mais plus loin (à Constantine par ex), on l'appelle Enna3ma. A Chelghoum, on appelle Na3ma les feuilles très fines qu'on cuit sur la Tabouna...
      Je ne sais pas si on en a parlé plus haut, le fameux "Mziyett", le couscous brun et fermenté, qu'une minorité adore et une majorité déteste, vu les "odeurs" ou "parfums" que sa cuisson occasionne, est obtenu lors de l'extraction du blé du Matmour. Si mes souvenirs sont bons, c'est la partie du blé qui est au contact de la terre (dans le trou que constitue le matmour) qui fermente (humidité du sol...). On en fait donc un couscous rare et assez cher, d'ailleurs très apprécié par les citadins de Constantine, en particulier...
      Quant au Naderr, c'était un terrain de jeux fou !!!! Très dangereux même, puisqu'on y creusait, à l'insu des adultes, des tunnels dans lesquels on se faufilait, au risque que la paille s'effondre sur nous et nous étouffe proprement ! Folie de l'enfance... Mais que d'émotions et de souvenirs !...

    • Benmehidi Sami Naderr, c'est dont la grosse "montagne" de paille.
    • Mohamed Adjou Benmehidi Sami c'est aussi bien l'aire de battage du blé, orge, pois chiches etc que la "montagne" de paille... dans ma jeunesse c'est en cet endroit que j'aimais faire l'oiseleur... les moineaux venaient par temps de pluie et de froid chercher des épis non "battus" et c'était propice pour leur poser des pièges à ressorts... il ne fallait même pas se fatiguer à trouver de la terre pour couvrir les pièges puisqu'on pouvait les dissimuler sous la paille... en guise d’appâts on avait le choix entre morceau de galette, fourmis ailées ou épis de blé... on piégeait aussi en ces lieux "Oum Sissi", la bergeronnette bleue mais elle était plus difficile à attraper et pour vous le dire franchement... je n'ai jamais réussi à le faire !

    • Mohamed Belkadi Mohamed Adjou On l'appelait Moussissi
    • Mohamed Belkadi Boudjemâ Lamri En'nader
  • Ismahane Hamdi-Egler Émouvant... votre vie est belle, elle vous a appris où se trouve l'essentiel et fait de vous le grand homme que vous êtes maintenant. Vous nous ouvrez votre cœur pour nous toucher au plus profond de nos êtres. Merci pour ces récits qui nous emportent au delà du temps et de l'espace.

  • Dounia Djafer Un texte bien plus fort que les écrits historique

  • Yasmina Douair Grande émotion que de lire ce témoignage poignant.

  • Ines Hamid Frech boufellou, frech boutalbi...c'était le plus beau, tressage et trame fine et serré, et que de couleurs, et rêves pour les yeux aux lueurs du quinquet

    • Fatiha Bensemane Ines Hamid Nous l'appelions "el hanbel" mais il y avait aussi une autre appellation que je n'arrive pas à retrouver

    • Ines Hamid Elhanbel c'est la couverture en laine tissée, on dit aussi el haīk, qui est plus leger

  • Ines Hamid Nous avions la même cuisine, on l'appelait enouala
    • Fatiha Bensemane Ines Hamid j'entendais les femmes dire : rahoum i nawlou. Ce qui se rapportait aux différentes phases de la confection du couscous...

    • Ines Hamid Enoual est le terme générique pour la préparation du repas du soir, pour le couscous on dit leftil, teftel, am yefetlou (dans le nord est)
    • Mohamed Adjou Ines Hamid Leftil c'est "rouler le couscous"... "ennoual" chez nous ça représente le panier de victuailles (viandes surtout) que l'on ramène à une femme qui vient d'accoucher...
    • Ines Hamid Mohamed Adjou ah il y a des variantes, j'insiste sur le terme générique.
      Pour le couscous , je suis d'accord, quant au panier ordinaire de tous les jour, c'est elqodhian, Aw rah yaqdhi et le panier de visite à l’accouchée on l'appelle elembarka

    • Fatiha Bensemane Ines Hamid même chose chez nous aussi. Centre.

  • Said Benharoune Nous avons tous vécu avec plus ou moins de misère cette période ou la fraternité et la générosité régnaient ou la solidarité était de mise...Qu’en reste - il aujourd’hui ?

  • Leila Preure A cette époque on avait 1 seul kinki pour éclairer la maison à Boghari et mon grand père l'allumait quand il faisait très noir pour économiser l huile et ça ne durait que très peu de temps puisqu'on dormait tôt 😂 .le repas se résumait à tantôt matlou3 avec lben tantôt couscous sec avec lben tantôt mardoud histoire de changer le menu za3ma 😂😂😂 et ça nous suffisait ,la maison etait toujours ouverte à celui qui cherche un refuge pour la nuit ou un repas ! C'est mes souvenirs de cette époque et il y en a pleins et c'est surtout les plus beaux malgré la pauvreté et l'injustice parce qu'il y avait beaucoup d'amour à la maison ! Quand j'y pense comme maintenant j'en pleure ! La générosité,  la convivialité,  la gentillesse et la fierté des gens de l époque n'a pas d'égal malgré la misère la peur les humiliations subies tous les jours. Allah yerhamhoum c'etait des braves

    • Mohamed Adjou le quinquet est devenu au jour d'aujourd'hui un objet de curiosité... j'en ai trouvé un au souk de Boudouaou du type que montre la photo, le propriétaire ne voulait pas s'en dessaisir pour 1.5 millions de centimes...
      Aucune description de photo disponible.

    • Fatiha Bensemane Mohamed Adjou khaslou esdjedja ouel mich (meche)...
    • Mohamed Adjou Fatiha Bensemane celui qui était en vente avait son verre.

  • Grindayzal Damby Elle date de quand cette photo? Cette maison existe-t-elle aujourd'hui? Merci

  • Cha Hida Lar Kem Nous étions pauvres mais heureux
  • Mustafa Naimi A l'époque on ne  connaissait pas le prix des choses mais leurs valeurs intrinsèques
    Aujourd’hui  on peut se permettre d'acheter tout et rien mais rares sont ceux qui connaissent la vraies valeurs de ce qu ils 
    possèdent.
  • Djaafar El-Baranqui Salem Si Med ; moi aussi, j'ai eu une enfance difficile. Les hivers étaient rudes. On se chauffait au bois de sarments et de branches d'oliviers qu'on ramassait après la taille. Je faisais mes devoirs avec l'éclairage d'un quinquet, assis sur une peau de moutons à l'aide d'une d'une table basse. Les souvenirs de jeunesse sont indélébiles dont certains restent marquants.
    Je me tapais 3 km le matin et soir pour aller à l'école avec une petite bicyclette sur une route étroite que j'abandonne pour grimper sur un arbre à chaque fois que les chiens d'un fermier (colon) se mettaient à ma poursuite en aboyant.
    A la mi journée, je prenais mon repas discrètement derrière le comptoir d'une épicerie du village à 50 Cts ( Aachra Doros) en compagnie d'un écolier qui venait d'un autre Douar.

    Le fait le plus dur pour moi et celui de la voiture "Prairie" de la gendarmerie qui est venue pour embarquer mon père, mon oncle et un voisin après mon départ pour l'école sous le regard des femmes en pleurs, qui étaient en train de rouler du couscous pour une offrande (Waada).

    C'était le journée la plus noire, par ce que l'école n'a pas fonctionné à cause de l'attaque de la caserne des Goumiers par les combattants de l'ALN.
    Il y a eu beaucoup de représailles au village, la soldatesque a ramassé presque tous les hommes valides pour les entasser dans une aire en terre battue sous un soleil de plomb pour un triage.
    A la suite de l'intervention d'un Caid et d'un colon d'une ferme de proximité, mes parents ont été libérés quelques jours plus tard avec ses séquelles après les sévices dus aux interrogatoires musclés.
    Le 19 mars 1962 était une délivrance, maintenant on ne sait plus qui est qui a cause des désertions du dernier quart d'heure... et puis tous les gens de notre âge connaissent la réalité.
    Bonne journée.

  • Siamer Mustapha On dirait les steppes de la Mongolie
    • Mohamed Adjou Durant la guerre c'était le costume que portaient les hommes adultes... Pantalon "arabe", chemise, gilet (avec montre à gousset), chéchia rouge, turban blanc... On ne pouvait imaginer un homme tête nue... c'était presque une atteinte à la pudeur... Même à l'école, nous portions des chéchias, zkara fi les enseignants qui nous apprenait à ânonner: Ali va à l'école tête nue... ma photo montre deux enfants en 1957... le monsieur en tenue est le garde champêtre... je ne cite pas son nom... les deux enfants devraient pouvoir être identifiés par mes amis villageois qui seraient assez physionomistes et pas encore atteints de presbytie...
      L’image contient peut-être : 3 personnes, cheval, plein air et texte

  • Djaafar El-Baranqui C'est le début de la résorption des Gourbi avec l'apparition des matériaux de construction et du machinisme Agro-industriel. Puis la promotion "Soustelle" et le plan de Constantine pour l'intégration d'une petite partie d'indigènes à une vie décente. Presque toutes les familles étaient pauvres et mal loties. Quatre murs avec un toit et une courette faisaient le bonheur des gens à l'époque. Dans les grandes villes, les indigènes étaient entassés dans des Casbah ou des bidonvilles à l'écart des Européens. Ils se rencontraient uniquement que dans les chantiers, 
  • Mohamed Belkadi La natte en doum (palmier nain) s'appelait "el h'sira"
  • Abdellatif Ousman Tidjani Un récit plein de chagrins de déceptions et de désolation. Patience est la mère de quiétude.

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