Au début des années 70 j'ai effectué a deux reprises, à pieds, de longs périples à travers la Grande Kabylie... Le premier avec mes cousins Mahfoud et Aissa... Une semaine dehors avec un dérisoire viatique... Nous avons fait Bouira, Bechloul, Ighrem, M'chedallah, Takerboust, Tala Rana, Tikjda, Bouira et retour au village...
Le second, avec mon cousin Rachid jusqu'à M'Chedallah... j'ai continué tout seul par Tala Rana, Tizi N'kouilal, Tassaft, Ait Frah d'où je me suis fait accompagner par mon ami Houali Boussad(1) , Rabbi yerahmoun et un de ses amis, Ferhat X, nous avons continué sur LNI, Tizi Ouzou, Bordj Menaiel, Thenia, Beni Amrane, Lakhdaria et retour au village d'où nous sommes repartis le lendemain pour le Figuier ou nous sommes restés une semaine en bord de mer...
J'aurais aimé accomplir ces deux périples à la manière de Stevenson, sur le dos de quelque Modestine l'ânesse comme il le fit dans les Cévennes...son itinéraire est, dit-on, balisé et certains "tours operators" l'utiliseraient aujourd'hui pour des promenades organisées...
Si nous avions de véritables agences de tourisme et de voyages et non des sociétés bigotes qui s'enrichissent en organisant les Omras et Hadj, nous aurions nous aussi tracé des itinéraires mémorables et organisé des périples sur les traces d'Ibn Khaldoun, de l'Emir Abdelkader, d'El Mokrani, de Amirouche et Si El Haoues, de Mohand Ou M'Hand, de Sidi Ali Bounab, de Benkhedda et Benmehidi, de Sidi Aissa et des autres saints hommes qui ont donné leurs noms à nos mausolées... Mais c'est vraiment trop demander !...
En réalité , j'ai voulu vous entretenir de ces périples en Kabylie, juste pour vous raconter une petite histoire d'entre toutes celles qui me sont arrivées et qui vous expliquera le choix de la photo illustrant ma publication.
C'était lors de mon premier périple... Le soleil allait se coucher quand nous avions abordé le palier au bout duquel se trouve le village d'Ighrem... Une Renault 4 blanche nous a dépassés... Il y avait au volant un jeune monsieur et à côté de lui une femme voilée . Sa mère ou sa femme et à l'arrière un jeune garçon d'une dizaine d'années...
Le conducteur freina puis fit marche arrière et stoppa devant nous... Le garçon nous tendit une baguette de pain par le petit carreau coulissant de la portière arrière...
Je déclinai son offre... Nous n'avions pourtant pas de pain dans nos sacs et notre viatique se montait à 6 Da...
Le jeune garçon rentra son pain et la voiture reprit sa route...
Nous arrivâmes quelques temps plus tard à M'chedallah... J'y compte nombre d'amis mais il faisait presque nuit et à l'époque il n'y avait pas de téléphones portables...
Les boulangeries n'avaient pas de pain et nous nous installâmes sur la terre battue à côté d'une fontaine publique pour passer la nuit dans nos rudimentaires sacs de couchage...
La fatigue de la route nous donna grande faim et pour calmer cette faim j'eus recours à des croûtons providentiellement conservés dans les poches de mon sac a dos... Il fallait les mouiller à l'eau de la fontaine pour pouvoir les expédier car ils avaient fortement durci...
En mangeant ces croûtons je me suis rappelé la baguette que nous avait tendue le gamin de la quatrelle...
J'ai raconté cette histoire par la suite à je ne sais quel sage homme qui m'expliqua que c'est faire preuve du plus grand irrespect que de refuser un don désintéressé qu'on vous fait et qu'il faut toujours vous attendre à regretter très rapidement ce refus...
J'en ai pris de la graine... Et c'est en vertu du principe qu'un cadeau ne se refuse pas, que j'ai accepté ce casier de figues-fleurs que m'a ramené mon ami Mohamed Chachou ... Des figues-fleurs qui sont venues s'ajouter aux abricots de Abderrachid et aux nèfles de Boudjemâ pour me prouver que j'ai des ami(e)s en or !
Et ce ne sont pas Errance, Abderrahmane, Zoheir et Atika qui me démentiront ! 16/6/2018
(1)- j'ai appris d'un ami commun que Boussaad est décédé. Rabbi yerahmou.
Kamel DahbiDes amis vraiment en or. Préservez les, c'est tellement rare. Aid Moubarak à tous.
Mohamed Adjouimeddlek el mechmech ouizid merci mel foug !!!!!
Aissa AdjoudjMerci Mohamed de nous rappeler ces souvenirs d'il y'a près de 50 ans. C'était en 71. Nous avions passé une première nuit sous le préau de la mosquée d'El Esnam et au petit matin, tu es allé chercher à boire à l'intérieur et tu as buté contre le brancard qui servait à transporter les morts. Tu es retourné tout tremblant et nous avons repris la route. A Bechloul, tu as proposé d'aller rendre visite aux frères Mendili mais après une marche assez pénible pour atteindre leur maison isolée à l'intérieur des terres, nous avons été informés qu'ils n'étaient pas là, partis pour une fête, je crois. A El Adjiba, un camarade du lycée nous a invités chez lui et installés dans une petite pièce mais au moment où il était sorti pour nous ramener à manger, nous avons profité pour nous allonger pour une profonde sieste qui a duré plusieurs heures. À Ighrem, nous avons passé la nuit chez un autre camarade qui s'appelait Haddad, je crois. Au dîner, il y avait du couscous et nous découvrîmes que leur sauce ne ressemblait pas à la notre parcequ’ils y incorporaient de gros haricots. Nous sommes repartis d"Ighrem en compagnie de Haddad (?) et de son cousin qui a vite fait de surnommer Mahfoud, El Afâa à cause de son insatiable appétit. À Chorfa, nous avons rencontré Saïd Chibane avant de nous engager vers Takerboust où habitait Mektoub Mustapha qui déclina l'offre de nous accompagner parceque son père allait arriver de France. Mais, c'était lui, je crois, qui nous gratifia de quelques provisions pour la suite de notre randonnée. Je me souviens encore qu'au matin d'une nuit passée sous les cèdres, nous avons été réveillés par les cris perçants des singes qui voulaient nous avertir de la présence d'une colonie de sangliers.
Mohamed AdjouC'est sur l'esplanade de la mosquée d'El Asnam, assis sur un tronc d'eucalyptus mort, que j'ai écouté pour la première fois "la commune" de Ferrat dans le clair obscur du crépuscule... Le lendemain nous avions dû sortir avant la prière de l'aube... la bougie que nous avions allumée avait légèrement noirci la peinture du mur... Nous avons préparé et pris notre petit déjeuner (piment + tomate marinant dans l'huile d'olive) sous les lauriers roses de Oued Ziane... En passant par Bechloul, Mahfoud a interpellé le seul boulanger (ou dépositaire de pain) de l'autre côté de la route pour lui demander s'il avait du pain (nous pensions qu'il pouvait nous offrir une baguette) car les 3 DA (Settine douros) que nous avions en poche, nous les avions dépensés à El Khozzane pour l'achat d'une boîte de fromage en portions... Le boulanger a répondu d'un air méchant: "kayen el khobz ila kayen eddrahem" (il y'a du pain s'il y'a de l'argent) et Mahfoud lui répliqua: "loukane makache eddrahem ma nsaqsikech !" (si nous n'avions pas de l'argent je ne vous aurais pas questionné!)... Nous avons continué jusqu'à la "Côte Rouge" où nous avons été reçus par mon ami Mendili en l'absence de ses parents partis assister à un enterrement... Sa petite soeur de 10 ans nous a préparé une très bonne galette fine et une tchektchouka... nous nous sommes permis une sieste réparatrice puis nous avons repris la route... A El Adjiba c'est un autre ami, Belghalem Messaoud qui nous reçut puis nous continuâmes sur Ighrem où mon ami Haddad Madjid nous fit l'honneur d'un bon couscous... comme dessert nous eûmes droit à des poires d'un très gros calibre (je n'en ai jamais vues de pareilles)... Nous dormîmes chez lui... à l'époque sa maison en pierre était la seule à étage du bourg qui est devenu au jour d'aujourd'hui un village... (à suivre et corrige moi si je me perds)
Mohamed AdjouNotre hôte se proposa de nous accompagner dans notre périple et un de ses cousins du prénom de Dai fut aussi du voyage... Nous fîmes Ighrem - Takerboust que nous atteignîmes dans l'après midi après une marche harassante à travers les figueraies ... A Takerboust, mon ami Mustapha Mektoub nous offrit une limonade chaude (il n'y avait pas de frigos dans les épiceries du village)... nous achetâmes une boîte de macaroni pour le dîner (c'est Madjid qui doit l'avoir payée car nous n'avions pas le sou)... Mustapha nous conseilla de nous trouver une place où dormir loin du village car la Djemaa ne voyait pas d'un bon oeil la présence d'étrangers au villages ou sur ses abords... il nous conseilla aussi d'éviter les sources en forêt car les sangliers viennent s'y désaltérer... Nous passâmes la nuit sur les hauteurs de Takerboust en pleine forêt et au petit matin nous reprîmes la route pour Tikjda où nous arrivâmes en soirée après une traversée à l'aveuglette de forêts touffues... je mis les macaroni à cuire et quand ils furent à point je les recouvris d'un chapeau de doum (mdhalla) dans leur casserole et je me mis à préparer la soupe aux oignons qui les accompagnerait mais je ne sais quelle mouche piqua Mahfoud qui, sans aucune raison (il faisait frais et le soleil allait se coucher) se saisit du chapeau sans se rendre compte qu'il couvrait la casserole de macaronis...il la renversa sur le sol qui était fort heureusement couvert d'épines de pins... nous ramassâmes les nouilles une à une et Mahfoud s'en tira avec une réprimande devant laquelle il eut comme d'habitude un haussement d'épaule... Au petit matin nous entendîmes effectivement des cris bizarres... c'était les magots qui s'inquiétaient de la présence de ces primates qui venaient squatter un endroit qu'ils pensaient être leur propriété à eux seuls... (à suivre)
Mohamed AdjouLe lendemain nous nous séparâmes .. les Haddad descendirent le flanc sud du Djurdjura et nous trois, nous continuâmes vers l'ouest... ce fut une des plus longues étapes puisqu'elle nous conduisit de Tikjda jusqu'au village (à peu près 60 km)... nous trichâmes juste un peu puisque nous fîmes Tikjda Haizer sur un camion à benne qui daigna nous laisser monter...
Aissa AdjoudjComme dirait notre ami Boudjemâ Lamri, ya3tik essaha ya Si Moh. Quelle mémoire! Il me semble encore que sur le chemin du retour par la route nationale, Moh Tahar nous a pris à bord de sa 404 noire jusqu'à Aomar. Nous voulions continuer à pied et c'est à proximité du vieux pont de Djebahia que nous avons croisé l'Hotchkiss avec les parents qui se rendaient à Palestro pour le mariage du cousin Slimane, Allah yerhmou.
Mohamed AdjouAissa Adjoudj je ne me rappelle pas de Mouh Tahar et de l'Hotchkiss... je me souviens par contre que c'est Mahfoud Tchalani Rabbi yerahmou qui me reçut au local des jeunes... je lui remis même un bout de galette que j'avais dans mon sac... et quand nous arrivâmes à El Maasra, nous trouvâmes les maisons fermées (ça corrobore ce que tu dis sur le déplacement de la famille à Lakhdaria)... je me rappelle que je me suis allongé sous les treilles du jardin (l'espace entre votre maison et la nôtre n'était pas construit) et je me permis même du raisin (qui était encore aigre)...
Aissa AdjoudjMoh Tahar nous a embarqués à la sortie de la forêt d'Errich et nous avons demandé à descendre à Aomar. Au moment du passage de l'Hotchkiss nous nous trouvions sous le pont à côté de la mare où nous sommes descendus nous rafraîchir.
Atika BoutalebEn effet, un cadeau désintéressé ne se refuse pas, ne dit on pas chez nous :El hadjra men 3and el hbib teffaha? Alors des figues! Miam miam, bssahtek mon cher ami... Et aussi! ton amitié est le plus beau des cadeaux 🙂
Boudjemâ Lamric'est magnifique ces aventures et sentir la liberté de jeunesse et voler de ses propre ailes sans aucune entrave et on apprend bcp comme la faim ,l'esprit d'équipe et surtout celle que vous citez. bessahtek al bakkour; je viens de cueillir une grosse et m3assla .
Tayeb MechourMerci pour ce recit qui est en meme temps une lecon de moral et une invitation a visiter l'une de nos meilleures région la Kabylie aussi j'ajouterai un texte feuille de route pour un tourisme religieux vers les saints d'algerie et y'a pas que Omra qui doit etre mise en avant Grand Merci tanmert
Mohamed Adjousi j'étais ministre du tourisme, je retirerais la Omra et le Hadj aux agences de tourisme et de voyage...en considérant que ça n'a rien à voir avec le tourisme... ça permettra d'éviter que les gens s'enrichissent en faisant commerce de religion...
Mohamed Adjouj'espère que Bouteflika ne me prendra pas au mot pour me nommer ministre comme le pauvre monsieur Belagoun ou son éphémère successeur... je sais que si quelqu'un touche à ce filon, il ne fera pas long feu... que dis-je... il fera vite ...le feu...
Mohamed AdjouChouf Hannachi, Madjer... Belkhadem, Tebboune... Et surveille bien Rebrab, Haddad, Kouninef etc... Il est difficile de monter mais bessah quand on tombe, c'est la chute libre...
Abderrachid Beggar-bhahah la chute libre .. je pense à monseigneur l'hidhabi .poids lourd et chute libre ..................yempoussierer l'environnement à des centaines de mètres
Seffih ZoheirDe tout ceux que tu as,cité Mohamed Adjou seul Hadj Bettou mérite le RESPECT car constate que son élimination décidé ailleurs qu'à Alger à livrer le Sahel aux pillards et après,à l'opération Berkham ...donc ....الله يذكر بالخير
Abderrachid Beggar-bSeffih Zoheir belle éloge et bien méritée nesta3ref ! ! ! c vrai élimination décidée ailleurs (y) et éxecutée ici
Seffih ZoheirAbderrachid Beggar-b exactement les ennemis quand il ont eu vent du rôle stratégique que jouait Elhadj Bettou l élimination directe . Et le jetèrent en pâture aux médias comme un vulgaire contrebandier ....et des dizaines d'années après que certains en retard d'une guerre avait l'armée française aux frontières sud
Farida SekaiVotre recit est tres beau une remomeration qui vous a rendu peut etre50ans a l arriere mais vos amis c est qlqchose de precieux c est rare d en trouve en notre temps bsahtek les fruits
Malik KhemiciTu vas faire des jaloux Mohamed et tu l'auras bien cherché.
N'essayez pas de me convaincre, vous n'y arriverez jamais !... Je ne peux concevoir que ma mère est morte à jamais, je ne peux concevoir que mes amis défunts ne seront plus, je ne peux concevoir que quand on m'ensevelira sous terre je ne serai plus. Que j'aurais rêvé pour rien, aimé pour rien, lu et écrit pour rien... Que le vent a fait frémir les blés juste pour les faire frémir, que mon chien m'a montré son enthousiasme à me revoir juste pour un instant de bonheur, que toute ma curiosité devant les choses disparaîtra pour se fondre dans le néant... Je ne peux pas croire que le Juge, l'avocat et le procureur qui m'ont fait oublier ma mère et mes enfants en abusant de leur pouvoir ne rendent pas compte de leur ignominie. Je ne peux pas croire que les violeurs, les assassins, les voleurs et les forbans de tous acabits que la justice des hommes n'a pas rattrapés puissent s'en aller sans payer. Je ne peux pas croire que l "Auvergnat" qui m a d...
Lui, c'est mon ami Naamani... Premier maquisard de l’Algérie indépendante... je vous en parlerai en fin de texte... Ce monsieur que tous les villageois connaissent pour ses réparties fulgurantes, son humour décapant et sa gouaille captivante est un véritable monument local. Pas qu'il soit riche, beau, cultivé ou pieux, non... Tout simplement parce qu'il est humain et qu'à ce titre il cumule sans s'en cacher les tares et les qualités de l'homme dans sa version simple et modeste. Tout a l'heure au cimetière, à l'enterrement de notre ami Aissa; en me voyant de loin, il m'interpella en me disant que c'est était fini de nous, maintenant qu'un de nos ministres en est arrivé à se faire fouiller à corps par les enfants de Fafa... c'est lui qui m'apprit la grosse f'dhi'ha commise sur Hamid Grine... Au fil de notre discussion et pour bien montrer les dérives que nous subissons, il me dit qu'un jour, il y'a une dizaine d...
Ain Bessem... Personne n'a pu me dire ce que fut ce Bessem à qui on a donné un nom de source pour composer un nom de ville située dans le prolongement de Ain El Hadjar et Ain Laloui, avant Bir Ghebalou... La région ne devait, à l'évidence, posséder aucune curiosité naturelle pour que ses villages aient tous des noms à étancher la soif... C'est dans cette ville que j'ai fait mes premiers pas de gestionnaire en qualité de directeur d'une usine de carrelage... Cela ne dura pas longtemps... J'y étais venu en été 1980 et nous étions en 1981, précisément en mars quand je fus rappelé par la DG au siège de l'Entreprise... le Wali de l'époque, Monsieur Ali Assoul, que j'avais rencontré 10 ans plus tôt alors qu'il était chef de Daira à Bou Saada où j' avais effectué mon volontariat estudiantin estival au profit de la Révolution Agraire avait imposé à notre vaillant directeur général de me trouver un autre poste car "le parti" me jugeait indés...
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