SYMBOLE DE L’INSATIABILITÉ: LA CH'GAGA

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Notre terre est argileuse... Elle s'imbibe d' eau en hiver et vous colle aux semelles... Je me rappelle que devant chaque maison en toub de nos années de misère, on plantait un soc de charrue cassé pour qu'au retour chez nous, nous puissions y racler les semelles de nos chaussures...

Ça n'arrivait pas souvent car nous préférions nous attacher les souliers autour du cou plutôt que de les porter par temps de boue...

Et c'est le pied qu'on raclait alors sur le soc fiché en terre au seuil de nos demeures...

En été la terre se craquelle. Les fissures sont parfois si ouvertes que nombre de moutons, mules, ânes et vaches s'y sont cassés les pattes...

On nous apprenait que ces fissures que nous appelons "ch'gayegue" (pluriel de ch'gaga) étaient si profondes qu'elles atteignaient le centre de la terre et quand nous devions arroser nos tomates ou nos piments et que surgissaient une faille entre les sillons, il nous fallait vite détourner l'eau pour qu'elle ne s'y engouffre pas car nous pouvions vider tout le puits qu'elle ne se remplira pas...

C'est de cette "hydrophilie" que nous avons pris la faille comme exemple quand nous parlons des gros partisans de Bacchus: " yechrob ki echgaga ! "... Nous en usons aussi pour décrire la propension de nos corrompus a ne jamais se rassasier: "yakoul ki ech'gaga ! "

Voila... Je vous ai tout dit sur la ch'gaga... Je vous offre en prime ces ch'gayeg et ces belles fleurs de liseron et de coquelicot qui détonnent par leur vivacité avec la morte nature qui les porte.

27/6/2018

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