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Affichage des articles du décembre, 2020

PRIERE DU JOUR NAISSANT

  Le premier appel à la prière a déjà fusé des minarets... le jour va se lever... un jour un peu plus long que celui d'hier... Que va t'il nous réserver ?... Nous le saurons au bilan que nous en ferons ce soir... Espérons quand même que nous rencontrerons des bribes de gentillesses, de bonté, de sympathie, de sourire, de compréhension, d'indulgence, de tolérance, de politesse, d'amour et de tendresse qui, mises bout à bout, couvriront le gros des heures que nous aurons à passer ... Espérons que notre journée soit sereine et qu'aucune tragédie ne viendra assombrir encore plus ce jour pluvieux de décembre... Et confions nos destinées au Maître des Mondes, sans trop nous en faire pour ce qu'Il décidera d'en faire... 22/12/2013

VOS HONNEURS NE VALENT PAS UN COUSCOUS D'ORGE

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  Il était 17h40 quand j'ai quitté notre champ de Remada... Le matin j'avais acheté du marché de Beni Amrane des fèves, des plants de fenouil, salades, oignons etc ... Très "courbaturé" par ma grippe tenace qui en est à son quatrième ou cinquième jour, j'ai préféré me faire accompagner d'une partie de ma smala pour livrer bataille à la terre... Mission accomplie... En rejoignant mes pénates, une belle surprise m'attendait: du bon couscous d'orge en sauce et un bon bol de petit lait... Et avec ça vous voulez que j'attende la composition du nouveau gouvernement puis la recomposition de l'effectif des ministères, ambassades et consulats, wilayas et dairas, offices et entreprises publics etc en espérant y trouver place ?... Merci Messieurs... Essayez juste de ne pas m'enlever le peu que je possède... Le pouvoir, ses honneurs et ses à-côtés, bakhrou bihoum ! 21/12/2019

AUBADES

  Bonjour... Sorti à 6h30, je suis arrivé au boulot à 7h... Il fait toujours très nuit et un brouillard dru recouvre les méandres luxuriants de l'Isser. La pluie est tombée durant la nuit. Des flaques scintillent sous les lumières tamisées des réverbères... Il fait froid... Mais pas ce froid de nos hivers de jeunesse qui nous faisait souffler dans les mains et sautiller sur place pour dégeler nos pieds. La ville que j'ai traversée dormait encore et seuls les cafés étaient ouverts et servaient les hommes qui partaient au travail... J'ai toujours aimé ces aubades silencieuses où les silhouettes sortent du néant, s'affinent et s'éclaircissent jusqu'à montrer les soucis sur les fronts et les regards encore égarés puis s'estompent et disparaissent derrière les rideaux d'ombre, sans faire de bruit... Aya bonne journée... 18/12/2016

LES EPREUVES DES AUTRES SONT NOTRE CONSOLATION

  Je ne suis pas particulièrement frileux mais cette nuit, je sens que le gel me glace les os... J'ai même dû remettre mes chaussettes et ma casquette et je crois que je vais me résigner à m'emmitoufler dans ma kachabia parce que le drap, la couette et les 3 couvertures ne parviennent pas à calmer le claquement de mes genoux et de mes dents... C'est qu'il doit facilement faire 20° Fahrenheit !... Je ne le dis pas en Celsius pour ne pas avoir à prononcer l'expression "en dessous de zéro" car ça va empirer ma sensation de froid polaire... Ma seule consolation: je sais que dans tous les cas, Zoheir et ses slegs sont logés à pire enseigne que moi et que si je subis du 20° F eux, doivent se farcir - 8° C... 18/12/2018

NOSTALGIE

  Crépuscule sur nos terres... L'aube y est aussi sublime... J'ai toujours eu de sérieux doutes devant ceux qui affirment trouver leur bonheur en dehors de leurs pays... Ici tout vous parle, même dans le plus pesant des silences et vous n'êtes jamais seuls même dans la plus profonde des solitudes... Ailleurs c'est dans le vacarme que vous lisez le silence et dans la foule que vous souffrez de solitude... Fasse Dieu que je continue jusqu'à ce que mort s'ensuive à avoir la nostalgie de mon pays tout en y vivant. 16/12/2018

CARPE DIEM

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  Bientôt 6h... fin de semaine ... Je suis déjà prêt à sortir... Que nous réservera ce jour ?... Rabbi 3alem... C'est aussi cela le charme de notre vie... quelqu'un disait que "la marche est une suite de chutes évitées"... la vie pour sa part, et depuis la naissance, est une suite de morts évitées... Vulnerant omnes, ultima necat dit le proverbe latin qui rejoint cette imparable tyrannie du destin... Sachant cela, pourquoi voulez vous vous inquiéter pour ce qui va vous arriver ? vivez ce qui vous est donné à vivre... avec toute l'intensité que vous pouvez et ne vous embarrassez pas du reste... Carpe diem ! 14/12/2014

LE VENT

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  LE VENT. 3h du matin. Le vent est revenu. Il est le seul maître de la rue. joue avec les sachets en plastique qu'il soulève, accroche aux fils téléphoniques ou aux étendoirs à linge ou aux treilles et les fait froufrouter. Il roule sur l'asphalte, bidons d'huile et bouteilles d'eau avant de les caler contre tout obstacle pour souffler des airs de flûte au goulot. Il fait courir en biais les gobelets et pots de yaourt avant de les abandonner. Il essaie vainement de décrocher les paraboles en leur arrachant des petits cris qui ressemblent tantôt à des gémissements tantôt a des gloussements. C'est son vacarme qui vous réveille, mais ce vacarme se fait vite douce musique pour vous replonger dans le plus suave des sommeils... A tout a l'heure! 14 Décembre 2014

HUMEUR DE "T"ES RIEN !"

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  HUMEUR DE "T"ES RIEN !" Nous avons la politique de notre âge... révoltés à 20, modérés à 40, conservateurs à 60... Mais il nous restera toujours au fond de l'âme ces révolutions que nous n'assumâmes qu'en partie ou devant lesquelles nous abdiquâmes par manque de témérité. Il nous restera toujours notre potentiel de révolte qui fait battre de l'intérieur nos tambours rendus atones par nos frileuses soumissions. Il nous restera toujours, coincé dans la gorge, ce mot de Cambronne que nous n'avons pas pu lancer aux c... et aux convenances... Il nous restera toujours ces cris que nous aurions tant aimé gueuler pour apaiser nos rages sourdes et nos colères refrénées... 14/12/2013

DES ABSENCES REMARQUEES

  12 décembre 2019... Ce qui me plait chez nous autres et qui me retient rivé à cette terre et à ce peuple, c'est notre disposition à rire de tout et de rien... Le jour du vote, accompagné de Bacha, nous avons fait le tour des bureaux... Apres avoir accompli mon devoir, nous avons dû traverser le village pour rejoindre l'autre centre où Bacha devait voter... Arrivés la bas, Bacha me fit un clin d’œil avant de pénétrer dans le bureau supervisé par des jeunes fébriles et alertes... Ayant accompli les formalités de reconnaissance d'identité,Bacha se posta devant la table ou étaient posés les bulletins des candidats et les enveloppes... Il prit successivement les 5 bulletins et l'enveloppe puis, regardant le chef du bureau de vote il lui lança avec un air de reproche et d' étonnement: "- Wachnou hadha ettrafic ?(qu'est ce que c'est que ce trafic?) Le président se leva de sa chaise et se dirigea vers Bacha... - Wach kayen a baba ?...Makane hatta trafi...

LA MER ET MOI

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  La mer... Moi, je n'ai pas les pulsions d'un Sindbad, la passion d'un Bombard, la déraison d'un Thor Heyerdahl et je ne me donne pas les missions d'un Cousteau. Ana je suis un homme des terres profondes et ce n'est sûrement pas en radeau que mes ancêtres se sont installés sur cette terre (parce que, n'en déplaise à tous les autochtonistes enflammés, nous venons tous d'un ailleurs dont, d'ailleurs en ailleurs nous avons perdu la trace). Ils sont peut être venus à dos de bêtes; en suivant les cours d'eau, en glissant sur les vagues de dunes, mais certainement pas sur des voiliers, des drakkars ou des pirogues... C'est peut-être pour ça que la mer me fascine mais que je lui tourne le dos, préférant m'accrocher aux rochers ou aux arbres que me livrer aux caprices de ses flots... Et si j'aime la mer, c'est bien plus pour ce que me racontent ses vagues, de retour du grand large, que pour l'envie de les chevaucher... Je vous avoue ...

SUR L'ECRAN NOIR DE MA NUIT BLANCHE (1)

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 SUR L'ECRAN NOIR DE MA NUIT BLANCHE (1) Il est 3h30... la nuit est trop longue... Cela fait au moins une heure que je regarde le plafond... en d'autres temps, j'aurais pris un des livres qui me tiennent compagnie sur ma table de chevet... livres que je ramène de ma bibliothèque au gré de mes humeurs et que j'oublie de remettre à leur place et que je sens si heureux de quitter les rayons froids de leur prison en bois... En me réveillant tout à l'heure, je n'ai pas eu le geste machinal de prendre l'un des livres pour m'y plonger jusqu'à ce que sommeil s'ensuive... d'abord parce qu'une douleur diffuse à la poitrine et qui ressemble à un début de crise vésiculaire m'inquiète, ensuite parce que j'appréhende le froid que subira mon bras hors de la couette... Cette expectative a duré ce qu'elle a duré avant que je ne me décide à la décrire... une heure durant laquelle sur l'écran noir de ma nuit blanche, j'ai vu défiler dans...