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Affichage des articles du décembre, 2014

NOTRE ZORBA

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  Et si je vous disais que j’ai connu Zorba avant Kazantzaki et Théodorakis ?… C’était vers la fin des années 50 et le début des années 60. Il y’avait la guerre, la boue, la peur, le froid, l’angoisse et la faim; et notre famille, soudée par l’instinct de survie qui rend vitale la solidarité, vivait de ses terres rabougries qu’elle obligeait à donner tout ce qu’elles pouvaient en figues, olives, orge, ou oignons… Il avait un visage torturé, une barbe rebelle mais des yeux d’une immense profondeur… il ressemblait à Anthony Queen dont il partageait la dégaine et, en lisant bien plus tard le livre de Kazantzakis, j’étais sûr que c’était lui… Zorba !... j’en ai eu confirmation quand j’ai vu le film. Cet homme était venu de nulle part ; on l’a trouvé là et nos parents ne pouvaient rien nous apprendre de lui sauf qu’il était arrivé un jour d'hiver dans un paletot usé et qu’il avait demandé en souriant derrière sa barbe, à se chauffer les pieds et depuis, il les a allongés… Il s’est vite ...

INSOMNIE

  Ezzoudj nta3 essbah... Il tonne dehors et le froid doit être vif... Le silence est total. Même les chiens recroquevillés sous les porches n'aboient pas et les insectes doivent geler des élytres. En tendant l'oreille on peut tout de même se rendre compte d'un uniforme vacarme en arrière plan, celui du crissement lancinant de milliers de grillons du foyer... C'est un moment privilégié pour rester avec soi-même et méditer sur cette existence, sur la vanité de tous les combats... Sur cette haine que nous avons accumulée, sur cette colère que nous avons développée, sur notre prétention de refaire le monde... et de faire preuve de l'humilité que nous dicte notre faiblesse pour réduire nos ambitions à semer les bribes de bonheur au lieu de nous échiner vainement à sautiller pour atteindre l'inaccessible... j'arrete de dire n'importe quoi et je me laisse aller au som---------- 10/12/2014