NOTRE ZORBA
Et si je vous disais que j’ai connu Zorba avant Kazantzaki et Théodorakis ?… C’était vers la fin des années 50 et le début des années 60. Il y’avait la guerre, la boue, la peur, le froid, l’angoisse et la faim; et notre famille, soudée par l’instinct de survie qui rend vitale la solidarité, vivait de ses terres rabougries qu’elle obligeait à donner tout ce qu’elles pouvaient en figues, olives, orge, ou oignons… Il avait un visage torturé, une barbe rebelle mais des yeux d’une immense profondeur… il ressemblait à Anthony Queen dont il partageait la dégaine et, en lisant bien plus tard le livre de Kazantzakis, j’étais sûr que c’était lui… Zorba !... j’en ai eu confirmation quand j’ai vu le film. Cet homme était venu de nulle part ; on l’a trouvé là et nos parents ne pouvaient rien nous apprendre de lui sauf qu’il était arrivé un jour d'hiver dans un paletot usé et qu’il avait demandé en souriant derrière sa barbe, à se chauffer les pieds et depuis, il les a allongés… Il s’est vite ...